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Votre santé, c'est celle de votre entreprise !

Votre santé, c'est celle de votre entreprise !

10.09.19

Nul n’est à l’abri d’un pépin de santé. Y compris les chefs d’entreprise. Or, sous couvert d’impérieuses responsabilités, ces derniers ont tendance à ignorer les signaux d’alerte. A tort. Car quand un patron tousse, c’est toute l’entreprise qui attrape le rhume.   

Déni de réalité

Certaines enquêtes révèlent de curieuses contradictions. Celle menée par Opinionway (enquête réalisée au printemps 2018 auprès d’un échantillon de 1500 dirigeants) indique par exemple que 95 % des chefs d’entreprise estiment être en bonne santé alors que, parallèlement, 14 % d’entre eux avouent être en état de stress permanent (21 % la plupart du temps). Comment expliquer ce paradoxe ? Par un déni de réalité. Le chef d’entreprise serait  atteint du syndrome de responsabilité aiguë. So far so good (jusqu’ici tout va bien) dit-on outre-Atlantique. Comme le rappelle la psychologue du travail Laure Chanselm de l’Observatoire Amarok, « étymologiquement, le patron est celui qui est investi patrimonialement. C’est la peur de l’échec qui le pousse à travailler plus. » Or, il est admis qu’au-delà de 60 heures hebdomadaires, le travail devient contre-productif. Les petits patrons (TPE/PME) sont en première ligne. D’ailleurs, un dirigeant sur cinq admet que sa santé s’est dégradée depuis cinq ans.  

 

Moins de stress, moins de détresse

Des lombaires qui souffrent, des maux de tête à répétition, un sommeil saccadé, une hypertension qui menace… Le stress du dirigeant n’est pas un mythe. D’ailleurs, 15 % sont confrontés au burn-out. Pourtant, un dirigeant sur trois renonce encore à prendre un arrêt maladie alors qu’il est dans son plein droit. Comme s’il était plus facile de s’arrêter de fumer que de s’arrêter de travailler ! Or, la corrélation entre la santé du patron et celle de son entreprise n’est plus à prouver. Un patron en forme affronte plus sereinement l’avenir, gère sa trésorerie avec aplomb, booste son carnet de commandes, améliore ses relations avec ses salariés, eux aussi soumis au stress. L’une des principales causes demeure le manque de temps. A une époque où tout s’accélère, le boss doit tout faire en temps limité - « Je suis l’alpha et l’oméga de l’entreprise » -  et surtout montrer l’exemple. Moins de stress c’est donc moins de détresse.

 

Rythme de vie et prévention

Alors que faire une fois ce diagnostic posé ? Face aux risques psychosociaux, le dirigeant doit d’abord revoir l’ordre de ses priorités. Penser à lui et à son cercle familial par exemple. Se réserver des sas de décompression en faisant du sport, en s’octroyant de vraies pauses méridiennes et en arrêtant de consulter à tout bout de champ ses mails. Il doit dé-co-nnec-ter ! Le dirigeant n’est pas une machine corvéable à souhait. Les réponses peuvent aussi venir de l’intérieur. Même pour un chef d’entreprise, les formations sont souvent bénéfiques. On peut même imaginer un plan de prévention sur-mesure en concertation avec le médecin ou l’inspecteur du travail. Pourquoi ne pas imaginer un groupe de projet composé d’un membre de la direction, de représentants du personnel et d’acteurs de la santé au travail. En France, on estime le coût du stress au travail entre 3 et 5 % du PIB. S’il manquait un argument….