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Le manager influence notre santé au travail

Le manager influence notre santé au travail

08.08.19

Le manager est à l’entreprise ce que le coach est aux sportifs : il accompagne une équipe et rend des comptes aux dirigeants. Un rôle qui tantôt rassure tantôt effraie les salariés. Si bien qu’il est à la fois responsable de notre bien-être et de notre stress. Tout dépend de sa personnalité.

50 % de salariés stressés

L’étude menée par la Fabrique Spinoza portant sur le Baromètre national du bonheur au travail est sans appel : un Français sur deux avoue être stressé au boulot. Ce qui ne veut pas dire que l’autre moitié débouche le champagne en arrivant au bureau. Pourquoi un tel clivage ? Pourquoi un quart des salariés s’ennuie (bore-out) tandis qu’un autre quart est au bord de la rupture (burn-out) ? Pourquoi 44 % d’entre nous ne parviennent pas à trouver un sens à leurs missions professionnelles (brown-out) ? Et si c’était la faute des managers ? Ces tyrans sensés assurer la Qualité de vie au travail (QVT), en nous sortant « d’un système hiérarchique descendant, et [aider l’entreprise à] aller vers une organisation plus transversale et plus souple. » La réalité, c’est qu’il y a manager et manager. Le toxique et le vivifiant. Celui qui harcèle et celui qui encourage.

« I feel good, manager »

Manque de reconnaissance, démotivation, instabilité. L’impact d’un management négatif peut plonger le salarié dans une spirale infernale. Inversement, un manager à l’écoute donne du baume au cœur. Sa mission n’est-elle pas d’accompagner, de rassurer et d’anticiper les besoins des forces vives de l’entreprise ? Soit nous tous ? Depuis peu, on voit même émerger au sein des start-up branchées un nouveau profil dont le seul nom - Chief happiness officer ou Fell good manager – donne envie d’obéir à celui qu’on considère à tort comme l’électron le plus libre de l’organigramme. Car oui, être manager est un job à temps plein. S’il doit être doté d’un bon sens du relationnel, le manager doit aussi avoir des notions de droit social, de droit du travail et être formé à la gestion des risques psychosociaux (RPS). En fait, il est une courroie de transmission hiérarchique. Le maillon essentiel entre les salariés et leurs dirigeants.

Entre le marteau et l’enclume

Et sa place est à plaindre. Le stress du manager n’est pas un mythe. Il toucherait même 65 % des effectifs ! Soit bien plus que les salariés. Le poids des objectifs, l’ambiance morose de l’entreprise, le rythme effréné imposé par les patrons, les plaintes des salariés. Pour reprendre la métaphore bien connue, le manager est entre le marteau et l’enclume mais doit rester zen en toutes circonstances. Plus facile à dire qu’à faire. Comme chez le salarié lambda, son stress se manifeste par une fatigue chronique, une baisse de motivation, de confiance en soi… Une seule solution : prendre du recul, apprendre à dire non, déléguer – un manager n’est pas l’alpha et l’oméga d’un boîte – se faire plaisir. Par exemple en lisant des guides qui lui apportent de vraies réponses.

Source(s)

- Baromètre Cegos 2018, Climat social et qualité de vie au travail

- La boîte à outils du manager de managers de Jean-Pierre Testa (éditions Dunod, 2018)