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Dépister les troubles du langage

Dépister les troubles du langage

13.08.19

Votre chérubin n’a pas encore dit « Maman » quand celui des voisins fait déjà des phrases ? Il n’en faut souvent pas plus pour inquiéter les parents et redouter le pire. S’ils sont en nette augmentation, les troubles du langage ne concernent malgré tout qu’une infime partie des jeunes enfants et peuvent généralement être corrigés. Voyons comment les dépister sereinement.

Des troubles divers, rarement pathologiques

L’acquisition du langage est un processus lent et dépendant de nombreux facteurs. On parle de retard quand il y a un décalage entre le cheminement de l’enfant et l’évolution classiquement définie. 4 à 8 % des enfants seraient concernés en France, soit environ 1 par classe, plus souvent des garçons, dont au moins un parent a été concerné lui-même et pour qui l’exposition au langage n’est pas suffisamment qualitative. Les troubles simples (bégaiement, articulation, confusion, déformation de mots…) sont généralement la conséquence d’une certaine immaturité affective et disparaissent avec une rééducation bien menée. Dans 1 % des cas, on parle de dysphasie, une pathologie durable qui risque de provoquer d’autres difficultés d’apprentissage (dyspraxie, dyslexie, dyscalculie…).

Les signes d’alerte

Votre enfant ne réagit pas au bruit ? S’isole et n’interagit que peu avec les autres ? Ne se fait comprendre que par des gestes ? Désigne les objets du doigt sans parler ? N’est compris que par son entourage proche ? Autant de signes qu’il faut savoir repérer. L’observation fine est la clé du dépistage. Et ce sont souvent les assistantes maternelles qui sont en première ligne. La plupart du temps, rien de grave. Il est peut-être temps de solliciter davantage l’enfant, de lui parler avec de vraies phrases, de lui lire des histoires, de valoriser ses efforts de communication. Plus l’enfant interagit, plus il avancera dans son apprentissage du langage. Qui n’a pas déjà cédé à la facilité après une journée de travail en laissant son enfant devant un programme télé vaguement éducatif tout en répondant à ses mails sur son smartphone ? Alors, pas d’écran avant 3 ans, et un enfant à qui on parle aura plus envie de parler lui-même.

Des pistes de prise en charge

Si vous avez remarqué certains de ces signes avant-coureur, c’est le pédiatre ou le médecin généraliste qui pourra effectuer dès l’âge de trois ans les premiers tests spécifiques, complétés éventuellement d’un bilan médical et auditif plus complet : on oublie souvent que l’organe de la parole est d’abord l’oreille. L’enfant sera ensuite orienté vers un orthophoniste qui déterminera de quel suivi et de quelles activités il a besoin pour rattraper le retard et surmonter ses troubles. Une prise en charge précoce est le meilleur garant de réussite. Enfin certains troubles durables du langage sont reconnus depuis 2002 comme un véritable handicap et donnent donc accès à un Plan d’Accompagnement Personnalisé lors de la scolarisation de l’enfant, voire aux aides de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).

Source(s)

- www.solidarites-sante.gouv.fr

- www.lesprosdelapetiteenfance.fr

- Circulaire interministérielle (Santé/Éducation nationale) n° 2002-024 du 31 janvier 2002

- www.eduscol.education.fr