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Dépister la surdité chez l’enfant

Dépister la surdité chez l’enfant

11.09.19

Selon l’Inserm, 1000 bébés naissent chaque année en France atteints de surdité. Or, pour l’OMS, 60 % des cas de déficience auditive chez l’enfant sont dus à des causes évitables. Depuis 2012, la loi prévoit ainsi un dépistage précoce facultatif des troubles auditifs dès la maternité. Pour mieux prévenir et accompagner.

Chez le nouveau-né

Tout s’est peut-être déjà joué avant la naissance. Antécédents familiaux, rubéole ou prise de médicaments ototoxiques pendant la grossesse, et le bébé démarre son existence avec un déficit auditif. Plus tard, les otites à répétition, le refus de vaccination contre les oreillons ou la rougeole ajoutent un facteur de risque supplémentaire. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont généralisé le dépistage de la surdité : à 24 h, le bébé peut - avec l’accord des parents - être testé via OEA[1] ou PEA[2], deux méthodes rapides et indolores, afin de poser un premier diagnostic. Il ne faut néanmoins pas minimiser l’impact éventuel d’un résultat positif sur le lien parent-enfant : dans ce cas, même si vous explorerez à votre rythme les ressources médicales proposées, privilégiez l’approche affective et éducative avant tout.

Chez l’enfant

Il n’est pas toujours évident de repérer une perte de l’audition chez un enfant. On pense d’abord à des difficultés scolaires ou des troubles de l’apprentissage, avant de se dire que l’enfant n’entend peut-être tout simplement pas bien. Jusqu’à 3 ans, observez-le quand il joue en autonomie : est-ce qu’il gazouille ? réagit au bruit ? tourne la tête vers la porte quand on sonne ? Autant d’indices qui peuvent présager une déficience. Direction alors le pédiatre ou la PMI[3] pour un examen gratuit plus approfondi. Le médecin scolaire peut également vous alerter par le carnet de santé à l’occasion de la visite des 6 ans. 

Des conséquences pas anodines à l’école

Certes, 100 % des enfants touchés par une déficience auditive seraient scolarisés, à 70 % dans un établissement classique[4]. Mais le cursus scolaire de ces enfants n’est pas rose pour autant. Ils se fatiguent plus vite, ne vivent pas forcément bien leur appareillage face aux camarades. De son côté, l’enseignant doit s’adapter au maximum comme doubler une bonne articulation de traces écrites au tableau ou utiliser un micro hf [5] qui émet en wifi directement dans l’appareil auditif de l’élève. Et la prévention continue au collège et au lycée où les écouteurs rivés aux oreilles des ados, souvent inconscients des risques potentiels, génèrent des épidémies d’acouphènes. Car si la prévention démarre tôt, c’est à tout âge qu’il faut prendre soin de ses oreilles. 

 

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[1] Oto-Émissions Acoustiques : un petit écouteur placé dans le conduit auditif propage, enregistre et analyse des sons
[2] Potentiels Évoqués Auditifs : des électrodes placées sur le front mesurent l’activité électrique du cerveau lors de l’émission d’un son
[3] Protection Maternelle et Infantile
[4] Les autres sont scolarisés en dispositif adapté ou CLIS 2.
[5] Équipement qui peut être fourni par la MDPH dans le cadre d’un Plan Personnalisé de Scolarisation