2 mn
Com’ens : ensemble, prévenons l’illettrisme

Com’ens : ensemble, prévenons l’illettrisme

11.09.19

En France, ils représentent 7 % des 18-65 ans. Ils sont allés à l’école mais sont aujourd’hui très mal-à-l’aise avec l’écrit. Pour éviter que ce chiffre n’augmente, le dispositif Com’ens met l’accent sur l’oral chez les petits pour qu’ils n’appréhendent plus l’écrit quand ils seront grands.

Une priorité nationale

Le rapport Ringard pointait déjà en 2000 « l'importance de la maîtrise du langage comme élément de réussite scolaire, d'intégration sociale et d'insertion professionnelle ». Se préparer une vie d’adulte épanouie se jouerait donc avant 6 ans. Sauf que tout le monde ne part pas avec les mêmes atouts en poche. Suivant la zone géographique, le milieu familial et social, éventuellement d’autres troubles cognitifs ou psycho-affectifs associés, certains enfants sont d’emblée plus fragiles face à l’acquisition du langage. Effacer ces disparités est devenu une priorité pour l’Éducation Nationale.

Une méthode concrète

Com’ens - Communiquer ensemble - voit le jour en 2001 dans le département du Nord. Né d’un partenariat étroit entre enseignants spécialisés et orthophonistes, il cible les élèves de moyenne section qui n’ont pas de troubles avérés nécessitant une rééducation mais qui présentent des carences de stimulation du langage risquant de se cristalliser en trouble plus tard. Après un dépistage spécifique avec l’outil ECLA[1], les enfants repérés travaillent en groupes de 6 à 8, en dehors de la classe, 45 minutes tous les 15 jours avec 2 enseignants et un orthophoniste. Ils décrivent et commentent page après page un album illustré, approfondissent ensuite par des jeux visant à stimuler la richesse et l’aisance de leur prise de parole. Enfin, ils retournent en classe raconter comme des pros l’histoire aux autres enfants.

Des résultats tangibles

Les parents sont invités à assister à certaines séances et peuvent constater immédiatement l’impact positif sur leur enfant. Dans ce contexte privilégié, les inhibitions s’estompent, la parole est plus fluide, le langage s’enrichit et se structure, l’envie de lire éclot et se prolonge de retour à la maison où les enfants continuent à raconter. Ils gagnent également en qualité d’écoute, canalisent mieux leur attention car ils s’entraînent à respecter un tour de parole. Le feed-back immédiat des encadrants est essentiel pour donner confiance, valoriser le petit progrès comme le début d’une grande victoire : celle d’un apprentissage plus serein de la lecture à l’entrée au CP. Aujourd’hui, le dispositif Com’ens a essaimé dans toute la France mais il dépend de moyens humains et financiers fluctuants.

 

________________________
[1] Évaluation des Compétences Langagières de l'enfant de 3 ans 6 mois à 6 ans