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Vegan, un choix sans risque ?

Vegan, un choix sans risque ?

Bien manger 16.04.19

Difficile de passer à côté : la tendance vegan (contraction du début et de la fin du mot anglais vegetarian) a beau avoir été créée en 1944, c’est aujourd’hui qu’elle semble prendre vraiment son essor autour de l’idée de plus en plus fédératrice de « vivre sans exploiter les animaux. » Une question subsiste : ce choix alimentaire (et de vie) militant est-il vraiment sans risque ?

Un peu de terminologie

Si le végétarien - qui lui a donné son nom - refuse de consommer la chair d’animaux tués pour être mangés (viande, poissons, crustacés), le végétalien lui, supprime en plus de son menu tout produit d’origine animale (y compris produits laitiers, œufs, miel…). Quant au vegan, il globalise cette démarche en excluant toute présence animale dans sa garde-robe, sa salle de bains, ses loisirs… Il ne porte donc pas de vêtements de cuir ou de laine, bannit les cosmétiques ayant été testés sur les animaux, boycotte les zoos, les cirques etc.

Veganisme = panacée universelle ?

Les bienfaits attendus du veganisme concernent d’abord la santé. En pratiquant une alimentation entièrement végétale, les vegans dopent leur consommation de fibres grâce aux légumes et aux céréales. Ils réduisent sensiblement leur risque de développer cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, hypercholestérolémie en substituant les aliments carnés par les protéines végétales des légumineuses. Ils contribuent à diminuer la résistance aux antibiotiques dont l’OMS rappelle qu’ils sont utilisés jusqu’à 80 % pour les animaux. Mais les bénéfices d’une alimentation décarnée dépassent le cadre médical. Car pour le climat aussi, la solution peut être dans l’assiette. L’empreinte carbone d’un vegan serait ainsi 2 à 3 fois moindre que celle d’une alimentation omnivore, car l’élevage induit des effets délétères souvent oubliés comme la déforestation, les pluies acides et une consommation d’eau démesurée.

Éviter les risques

Si le végétarisme a plutôt bonne presse dans le corps médical, le régime vegan semble nécessiter une vigilance accrue. Il ne doit en aucun cas être imposé à un enfant en bas âge et il ne faut pas hésiter à s’épauler des conseils d’un médecin nutritionniste qui permettra d’éviter les carences en vitamine B12, zinc ou encore en calcium en proposant des produits de substitution. Ainsi 60 % des vegans consomment quotidiennement des compléments alimentaires contre 10 % de la population générale. La clé est de diversifier et de connaître les bonnes associations d’aliments (légumineuses et céréales par exemple) pour optimiser l’absorption des acides aminés essentiels. Bref, il ne suffit pas de supprimer tous les produits animaux : il faut repenser totalement son modèle alimentaire.