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Attention à la première chute

Attention à la première chute

13.08.19

Chaque année en France, 2 millions de personnes âgées sont victimes d’une chute. 12 000 d’entre elles en décèdent. Souvent faute d’avoir pris au sérieux l’avertissement. Car la première chute peut aussi bien être la cause (ecchymoses, fractures) que la conséquence d’un trouble profond (AVC, Alzheimer).

« Ce n’est pas grave… »

Le discours est écrit d’avance. Extraits : « c’est juste une marche que j’ai ratée » ou « j’étais dans mes pensées, je me suis pris les pieds dans le tapis. » Quand on n’est jamais tombé, c’est toujours difficile d’admettre l’évidence. Au pire, on se claquemure par crainte de récidive. Au mieux on minimise la première chute en rassurant son entourage par un « ce n’est pas grave… » enrobé de mauvaise foi. Pourtant, les chiffres sont alarmants. Une chute sur deux survient au domicile du senior, donc dans un endroit qu’il est censé connaître par cœur. Quand on sait que 40 % des personnes hospitalisées après une chute ne sont plus en mesure de retourner vivre chez elles, mieux vaut ne pas prendre la première dégringolade à la légère.    

Que faire après une chute ?  

D’abord tentez de rester calme, respirez profondément. Ensuite, bougez les bras et les jambes pour vous assurer que rien n’est cassé. Si vous en êtes capable, mettez-vous sur le ventre et relevez-vous en prenant appui sur une chaise et en adoptant la position du chevalier servant. Pour parer à toute éventualité, notamment celle de rester cloué au sol, vous pouvez dès à présent suivre les conseils de l’assurance maladie*. Notamment en matière de télé-assistance. L’objectif est d’être conscient de votre vulnérabilité. Après une chute, pensez à faire le test de Romberg. Il mettra en évidence une éventuelle perte d’équilibre/de coordination généralement provoquée par un trouble de l’oreille interne.

*www.ameli.fr

Causes et aménagements du domicile

Comme le rappelle l’HAS (Haute Autorité de Santé), les causes d’une chute peuvent être divisées en deux catégories : les prédisposants (prise de psychotropes, diminution de la masse musculaire, baisse de l’acuité visuelle…) et les précipitants (insuffisance cardiovasculaire, de la pression artérielle, déficit neurologique, consommation excessive d’alcool…). Une suractivité domestique n’est pas non plus à exclure. Il y a un âge pour tout ! Laissez aux jeunes le jardinage intensif et le ménage éreintant. Parallèlement, pensez à aménager votre domicile. La salle de bains et la cuisine sont des pièces piégeuses. Mettez des tapis antidérapants, des appuis aux murs. Enfin, adapter la lumière dans les pièces sombres (couloirs, escaliers) reste une idée lumineuse.